Témoignages des détenus : « J’ai 9 enfants et 7 femmes. Je suis condamné à… »

CHRONIQUE « VOIX DES VICTIMES »

La prison civile du Cap-Haïtien est une forte concentration sociale homogène. Bonazzi (i) souligne que la prison n’est pas faite pour les notables. À travers nos entretiens, les caractéristiques des détenus traduisent leur classe sociale : ils sont tous issus des masses.

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Image d´un prisonnier en situation de détention en Haïti.

« J’étais à l’école. Mes parents ont remarqué que je ne pouvais pas apprendre. Ainsi, j’ai tout abandonné pour me rendre en République Dominicaine » a fait remarquer Jacques en le questionnant sur son niveau d’étude. Il n’a réussi à faire que la 3e année fondamentale. Cet originaire de Trou du Nord, père d’un enfant qui est né alors qu’il est en prison, n’avait d’autre activité que le « taxi moto » pour un ami. Il vivait dans de grande précarité.

Un autre détenu, Jean, vivait apparemment une vie beaucoup plus chaotique. Limbéen, il est père de neuf enfants, mari de sept femmes. Ce hougan, qui nous dit qu’il est condamné à vie, n’a jamais été scolarisé dans sa vie. Résidant la 4e section communale du Limbé, il vivait de l’agriculture de subsistance.

Pierre, quant à lui, est un jeune homme de 18 ans, qui résidait à la Fossette. Il vivait des miettes d’un ébéniste, de qui il était « l’apprenti ». « J’étais obligé d’abandonné l’école pour apprendre un métier. Car je n’étais pas doué » a-t-il confié. Paul, lui, était un ébéniste. Condamné pour six ans depuis 2012 pour une affaire de conflit armé, il n’a brigué que la 9e année fondamentale.

Ces données, insuffisantes, peuvent quand-même nous donnée une idée sur l’origine sociale des détenus. Ils sont issus de quartiers défavorisés de la ville du Cap-Haitien (Kiteyo, La Fossette, Madeline) ou des milieux ruraux. Ils exerçaient des professions n’ayant qu’un revenu précaire. Leur niveau d’étude est très bas, et certains sont même analphabètes.

Micky-Love Myrtho Mocombe

(i)             Giuseppe Bonazzi [1980], « Pour une sociologie du bouc émissaire dans les organisations complexes » in Sociologie du travail.

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