Qu’est-ce qu’être « savant » selon Max Weber ?

Publié en 1959, chez les éditions 10/18, le livre de 222 pages regroupe deux conférences présentées par Weber en 1917 et 1919. Elles se portent notamment sur le métier et la vocation de savant et de politique. Ainsi, le livre se divise en deux parties : le métier et la vocation de savant ; et le métier et la vocation d’homme politique. En fait, ces conférences sont présentées dans un contexte particulier, manifesté par la fin de la première guerre mondiale, autrement dit de la situation de l’Allemagne [post-première guerre]. Cette époque est marquée par de grands bouleversements et de changements sociaux et politiques, principalement avec l’émergence des idéologies totalitaires. Dans le cadre de ce travail, nous allons [d’abord] présenter un résumé du livre, en nous accentuant sur les concepts de domination, d’éthique, de désenchantement du monde, et autres. Ensuite, nous présenterons les critiques, qui s’effectueront surtout autour de l’épistémologie de Weber avec notamment sa notion de neutralité axiologique, et enfin, nous donnerons nos points de vue sur le texte.

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Le métier et la vocation de savant

Pour devenir savant, comme pour l’exercice de tout métier, un ensemble de qualité est nécessaire : le sens de la recherche et de l’enseignement, la spécialisation dans un domaine précis, l’intuition, mais aussi de la passion. Et, la carrière de savant est marquée de nombreux problèmes dans la structure du système. Ils découlent de l’entrée du capitalisme dans le champ scientifique, qui structure les rapports de la même manière que dans les entreprises du capitalisme d’État. Malgré les apports techniques que cela peut entrainer, il faut souligner la place du hasard dans le système, « qui laisse trop de place à l’incompétence ». Autrement dit, des médiocres peuvent jouer des places importantes aux seins des instituts de sciences. Ces dérives sont dues au système qui ne tient réellement pas compte aux qualités de l’individu.

En fait, pour être savant, deux qualités sont nécessaires : la qualité de professeur et celle de chercheur. Il est extrêmement rare pour trouver ces deux qualités en un seul individu. Toutefois, un individu qui possède la qualité de chercheur est un plus, puisque le professeur, quant à lui, n’aura qu’à s’arranger pour mettre le savoir disponible afin que l’apprenant puisse l’acquérir par sa compréhension, tout en donnant son opinion.

Être savant, sans de productions scientifiques n’est pas suffisant. Autrement dit, le savoir doit être utile à la communauté en général. Cela pose la problématique de la production dans le champ scientifique. Il faut souligner, contrairement à la science à son stade de gestation, elle connaît un développement exponentiel, marqué  par un haut niveau de spécialisation. Une grande partie des œuvres découlent des spécialistes. Mais spécialiste ou pas, le métier de savant requiert de l’inspiration. Et, cette dernière ne vient toujours pas au moment voulu, soit dans les heures de travail ou dans les moments de concentration. Elle vient souvent après le travail.

Pour pallier ce problème, le savant doit développer son intuition. L’intuition [scientifique] est, en effet, découlée des dons que possède chaque individu. Ils ne sont pas visibles, mais ils doivent être exploités (dans le sens d’utiliser, de développer) par le savant. Et, ceci est une implication de la mise en situation de deux idoles : des expériences vécues et de la personnalité du savant. Traduit en allemand par Erlebnis, l’expérience vécue est [ici] prise dans le sens de « sensation ». L’idée qui se dégage est que la sensation forme la personnalité. Cette dernière est, à son tour, liée à la passion pour une cause[i] [scientifique]. En fait, le travail scientifique n’est pas fait pour être fait. Il est solidaire au progrès. Cette course vers le progrès entraine un ensemble de modifications des rapports au savoir, et incite le développement de l’intellectualité. En fait, le progrès scientifique est un fragment de l’intellectualisation, et [par conséquent] cette dernière favorise le phénomène du désenchantement du monde. Ceci arrive au fait que, l’intellectualisation [et la rationalisation], comme une incitation vers le chemin de la technique et la prévision, favorise une meilleure compréhension des phénomènes, la prévision de certains phénomènes. Cette connaissance entraine la démystification de la nature, et permettre de démontrer que tout est prévisible dans la vie, et que nous pouvons tout maitriser par la prévision. Il n’est plus question d’interpeller les puissances magiques, mais la connaissance scientifique peut tout expliquer.

En effet, la question de développement de la science suscite des questions sur la vocation de la science en soi, et sur sa vocation dans la vie de l’homme. Quel est le sens de la science ? Ou encore, quelle est donc sa valeur ? À ces questions, on ne peut pas répondre, justement, pour prouver le sens, et ne peut en aucun cas se statuer sur si le monde dans lequel nous vivons mérite d’être existé. In facto, les sciences s’occupent sur comment mieux vivre, sans tenir compte de si nous aimerions vraiment vivre, et encore si notre vie est utile ou non[ii].

Le savant, comme professeur, doit respecter certaines exigences ; autrement dit, il y a certaines choses qu’il devrait faire, et ce qu’il ne devrait pas faire. La politique n’a pas sa place dans les salles de cours. C’est-à-dire que le professeur ne doit pas imposer à son auditoire une prise de position politique quelconque. Il doit, a contrario, analyser scientifiquement les partis politiques, les doctrines, les formes d’États. Il doit apprendre à balancer les opinions sur la même échelle, et surtout les institutions opposées, par exemple, les religions. Et surtout, il doit apprendre à reconnaître les faits inconfortables.

Micky-Love Myrtho Mocombe


[i] Sur ceux, à la page 86 l’auteur écrit : « Seul l’être qui se met purement et simplement au service de sa cause possède une personnalité dans le monde la science.
[ii] L’auteur prend un ensemble d’exemples. Comme celle d’un médecin son travail est de sauver des vies, et du patient qui pourrait ne pas vouloir vivre, ou sa vie n’est pas importante d’être vécue, ou encore, il est une charge pour sa famille, qui pourrait vouloir bien s’en débarrasser.

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