Les gens de la Saline, qui sont-ils dans l’imaginaire haïtien ?

Des gens ont été massacrés. Qui n’a pas vu ou entendu parler de cette tragédie on ne peut plus deshumanisante grâce aux médias et les réseaux sociaux ? Les habitants de la Saline ou ceux des autres zones avoisinantes ? Les organismes des Droits humains nationaux ou internationaux ? Les membres du gouvernement ou les parlementaires ? Qui jusqu’ici n’est pas au courant de cette vidéo où les porcs nous débarrassent de l’odeur nauséabonde de ces cadavres ? Jusque-là,  une seule et unique question me semble essentielle : qui sont ces gens ? En tout cas, ce ne sont pas ceux qui habitent dans les hauteurs de Pétion-ville, ni ceux de Laboule et encore moins ceux des Montagnes noires. Mais qui sont-ils enfin ?

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Une femme à Port-au-Prince / Courrier International

pixelCe sont des vanupieds, ceux qui n’ont pas de voix, ceux qui croupissent dans la crasse et qui en ont marre de leur existence. Ce massacre, une fois de plus, met à nu l’existence de cette crise identitaire qui nous ronge depuis 1804, voire même avant. Si l’État haïtien n’a jamais pu s’identifier auprès de la masse à travers les politiques publiques, c’est parce qu’il est inexistant, inopérant et être toujours au service de cette bourgeoisie sordide. Les derniers événements nous montrent à quel point l’État ou encore la présence d’une quelconque forme de gouvernement est quasiment incertain en Haïti. Qui peut prétendre être citoyen dans un pays où l’État comme seul et véritable organe régulateur n’existe pas ? Peut-on parler de la politique quand celle-ci ne prend pas en compte le bien-être collectif ?

De nos jours, dire que des gens ont été massacrés à la Saline ne signifie rien pour les organismes des droits humains encore moins pour l’État. Dans la tête de plus d’uns, ce ne sont pas des êtres humains, des citoyens, des gens honnêtes qui vivent dans les zones défavorisées. D’ailleurs, qui d’entre nous n’est pas au courant de ce qualificatif attribué aux quartiers populaires : Zones de non droit ? Or, qui n’a aucun droit ne peut réclamer justice. Il est d’une évidence extrême que cette expression traduit dans la conscience collective haïtienne un idéal type. Ceci trouve son explication dans le fait que ces gens-là sont toujours plus mal traités, et de là, certains d’entre eux développent des écarts de conduite. Mais ils restent et demeurent des êtres humains, nos frères de misère et de sang.

L’État haïtien nous assassine à petit feu par la pollution, la faim, la corruption et tout ce qui va avec. Mais nous laisser comme des proies aux chiens et aux porcs, il ne peut y avoir aucune autre forme d’abjection la plus deshumanisante que celle-ci. L’heure est révolutionnaire, soyez des nôtres frères et sœurs haïtiens de partout. Il faut arrêter la course de nouveaux colons. 

Picker-love JEANTY

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